27 novembre 2017

Habiter le temps

de Rasmus LINDBERG

Traduit du suédois par Marianne Ségol Samoy (2016)
Avec Lucie Contet, Caroline Gozin, Charlotte Roulland, Adrien Rummler, Louise Ternois, Quentin Voinot

Mise en scène Salomé Elhadad Ramon
Chorégraphie Léandre Ruiz Dalaine
Composition musicale Lucien Zerrad
Composition chant et Travail vocal Louise Ternois
Création lumière Eliah Ramon
Production Cie Poupées Russes
Scénographie Charlotte Hermant
Costumes et Accessoires Cie Poupées Russes

Ce texte a reçu l’aide à la traduction de la Maison Antoine Vitez, Centre International de la Traduction Théâtrale et a été sélectionné à la Mousson d’Eté 2017.

Le texte est lauréat de l’aide à la création d’ARTCENA.

La création a reçu le soutien de : La Forge – Mairie d’Aubigny-sur-Nère / Centre Anim’ Paris les Halles – Mairie de Paris

Création Originale. Pièce inédite en France.

Les choix que vos grands-parents ont fait dans le passé vous influencent-ils aujourd’hui ? Héritons-nous nos facultés sociales, nos blessures, notre comportement des générations passées ? Imaginez-vous assis en face de vos parents ou de vos grands-parents alors qu’ils ont le même âge que vous. Quelles questions leur poseriez-vous ? Que voudriez-vous leur dire ?

 

 

1913, 1968, 2014

La pièce se déroule au sein d’une maison de famille à trois époques différentes: 1913, 1968, 2014.

Le destin des trois générations est raconté en parallèle et simultanément.
Des couples se déchirent, s’aiment, essayent d’entrer en contact. Les secrets des uns se répercutent sur la destinée des autres. Les répliques fusent, traversent la pièce, se croisent, se font écho. Le texte est habilement composé, comme un chœur polyphonique où chacun donne progressivement à entendre sa propre version de la réalité.
A l’origine, un drame : lors d’une violente dispute conjugale, Stefan est brûlé par une casserole d’eau bouillante dans son berceau. Qui ? Comment ? Pourquoi ?
Ce drame dont les détails seront cachés aux enfants et petits-enfants pèsera comme un fardeau sur les générations passées, présentes et futures.
Cette saga familiale est construite comme un thriller où le public est à la fois guidé et perdu par les révélations successives, simultanées et contradictoires des trois générations.

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Le regard de la traductrice

Marianne Ségol-Samoy
Rasmus Lindberg écrit ici une pièce existentialiste où il prend comme point de départ un drame familial mais le détourne en lui apposant une cadence de récit accélérée, sous la marque de la simultanéité et de la syncope : il brouille les pistes académiques des dialogues et bouscule la synchronisation du temps.
Mais Rasmus Lindberg est également un auteur très musical qui construit des scènes où les voix des acteurs se superposent, comme dans une œuvre chorale.

L’auteur

Rasmus Lindberg
Né en 1980, il est aujourd’hui considéré comme un des jeunes auteurs suédois montants.
La mort, la mémoire et le temps sont des thèmes récurrent dans son écriture.
Auteur et metteur en scène associé du Norrbottens Théâtre, il est également professeur de mise en scène au conservatoire national supérieur de Luleå. Le Jour où Marty est mort, I.D, Plus Vite que la Lumière, Exploits Mortels sont traduits en français.
Habiter le Temps est sa dernière pièce (2014) et demeure inédite en France.

 

Avant propos

Pour cette nouvelle création, nous aspirions à un théâtre engagé, à un théâtre de l’épopée, qui amène à s’interroger sur notre société et ses valeurs, un texte qui aborde les questions qui animent notre compagnie : l’engagement, le militantisme aujourd’hui, la tolérance, les carcans sociétaux, les droits de l’homme et de la femme etc.
Nous avions conclu à l’unanimité : « pas de huis clos » et « pas d’histoires de familles ».
Et puis, nous avons lu Habiter le Temps.
Une seule chose importe désormais : transmettre à un public la constellation familiale bouleversante que nous venions de vivre.

 

Le mot de la metteure en scène

Salomé Elhadad Ramon

La partition
Comme une partition de musique, une chorégraphie, ce texte demande une grande exigence de précision de rythme, de gestes, de placements des comédiens. Tout est si imbriqué et si dense dans l’écriture qu’il m’a semblé primordial de la mettre de côté pour la première étape de travail. Pour mieux y revenir, il fallait s’en libérer.

Nous avons commencé par aller à la rencontre des personnages, à voyager au sein de cette famille afin d’y comprendre véritablement tous les enjeux, les nœuds existants entre les générations.
Je me suis inspirée des méthodes de la thérapie transgénérationnelle et des constellations familiales. Par le biais d’un travail du corps intensif, presque chamanique, nous avons donné matière à l’essence profonde de chaque personnage.

 

 

L’espace
L’action se situe dans la vieille maison de famille, témoin concret des événements à travers les années. C’est ce lieu vibrant qui rappelle à chacun d’où il vient, quelles sont ses racines. Cependant, comme tous les lieux qui nous sont chers, la maison d’enfance n’a d’importance qu’à travers nos yeux d’enfants qui y ont grandi, ou d’adultes qui y ont vécu. Ici, les murs s’effacent sous un voile flottant et vaporeux. Les objets subsistent, symboles des liens entre les générations, et porteurs du souvenir.

 

 

Le temps
Trois temporalités sont pour moi trois mélodies dans un même espace. Chaque couple a son rythme propre, chaque génération sa tonalité. Mais quand les époques se croisent ou que les fantômes resurgissent, les trois voix s’accordent pour créer une quatrième variation.
Le spectateur est emporté dans un tourbillon. Quelles histoires sont des témoignages du passé et lesquelles sont des suppositions sur le futur ?
Le spectateur est guidé du début à la fin, abreuvé d’informations et de révélations pour comprendre tout sauf cette question de temporalité. C’est ici que nous lui lâchons la main. Que nous ne lui imposons pas de vision.
Car cette réflexion continue de nous habiter au-delà du temps de la théâtralité.

 

 

Première lecture /Mise en voix de la pièce : 24 mai 2017 – Maison des Auteurs de la SACD
Résidence Août 2017 : La Forge – Ville d’Aubigny sur Nère
Création au Centre Culturel des Halles – Mairie de Paris : 30 novembre et 1er décembre 2017

 

Collaborations artistiques

Création Musicale Lucien Zerrad     Chorégraphie Léandre Ruiz Dalaine

Création Lumière Eliah Ramon     Scénographie Charlotte Hermant

 

Crédits photos : Harold Passini, Renaud Mouronval